Traditions européennes étranges

“L’Europe est beaucoup plus ancienne que ses nations. C’est un idéal qu’approuvent depuis mille ans tous ses meilleurs esprits.”

Denis de Rougemont.

Il sont fous ces Européens !“. Oui bien sûr, nous savons tous que le vieux continent regorge de traditions anciennes. Parfois ennuyeuses, parfois folkloriques, elles nous apprennent beaucoup sur l’histoire, la culture et la philosophie des Européens. Mais, au-delà des plus célèbres, il en existe d’autres, moins connues, qui pourront vous paraître surprenantes, incroyables ou drôles et qui méritent une attention particulière… La liste suivante dresse un panorama de la façon dont les Européens deviennent par moment complètement fous. Joignons-nous à la bataille de tomates en Espagne ou au lancer de saucisses en Suisse ! Déhanchons-nous sur la danse de la grenouille en Suède ou la danse de l’Ours en Moldavie ! Participons à la course de portage de femmes en Finlande ou la course nue au Danemark ! Nageons dans le froid du Danube en Roumanie ou plongeons comme l’ours blanc aux Pays-Bas… Ci-dessous pour la première fois compilées, un ensemble de traditions bizarres et loufouques à travers l’Europe ! Une question demeure toutefois : laquelle est la plus folle ?

Portugal

Festa de São João do Porto (Fête de la Saint Jean)

Chaque année, dans la nuit du 23 Juin, la ville de Porto, dans le nord du Portugal, s’anime et devient complètement folle. Des milliers de personnes se rendent au centre-ville, dans les quartiers les plus traditionnels, pour rendre hommage à Saint-Jean-Baptiste, dans une soirée qui mêle traditions sacrées et profanes. Et que peuvent bien trouver les portugais à faire en pareille occasion? Et bien, tout simplement, ils se frappent ! Soit avec des gousses d’ail soit avec des marteaux en plastique ! Les festivités ont lieu dans la ville depuis plus de six siècles, mais ce n’est que depuis le XIXe siècle que le jour de la Saint-Jean s’est implanté dans la culture de la ville et a pris le statut de festival le plus important de l’année.

Espagne

La Tomatina (Bataille de tomates)

N’est-ce pas étrange ? Le dernier mercredi du mois d’août, dans la ville de Buñol, une ville située près de Valence à 30 km de la Méditerranée, une foule de jeunes espagnols se lance pour le plaisir dans un combat de tomates où près de 150.000 tomates (soit plus de 40 tonnes) sont déversées dans la rue. La théorie la plus populaire sur la façon dont la Tomatina a commencé, date de 1945, lorsqu’au cours d’un défilé du “Petit Lapin” des rongeurs auraient attaqué la pastèque prévue pour les festivités et auraient été chassés à coups de tomates jetées par les festivaliers. Un jet raté qui aurait atteint un des convives aurait été à l’origine de la première bataille. Tout aurait dérapé ensuite au moment où la police fut à son tour touchée et s’engagea dans la bataille… Beaucoup d’autres théories expliquent cependant les origines de cette événement plutôt loufoque.

France

Omelette géante

Dans la ville de Haux et dans d’autres villages de France, un groupe de Français célèbre les futures vacances d’une manière très particulière : ils cuisinent une omelette géante de plus de 4500 œufs, qu’ils servent sur la place principale de la ville et peut nourrir jusqu’à 1000 personnes. Cette tradition viendrait de l’époque de Napoléon, lorsqu’au cours d’un déplacement de l’armée, l’Empereur se serait arrêté dans une petite ville dans le sud de la France et aurait demandé aux locaux de lui préparer une omelette. Selon la légende, Napoléon aurait tellement aimé l’omelette qu’il aurait ordonné aux locaux d’apporter le lendemain tous leurs œufs et de faire une omelette géante pour lui et son armée….

Islande

Þorrablót (Mois de Þorri)

En janvier, de nombreux Islandais célèbrent la “fête de Thorri” et mangent le repas le plus dégoûtant au monde, composé de testicules aigres de bélier, de têtes de moutons bouillies, de boudin, de saucisse de foie et de requin fermenté. Appétissant, n’est-ce pas ? Dans les manuscrits islandais du Moyen-Age, la Thorri est la personnification de l’hiver. Il est difficile de savoir comment les fêtes étaient célébrées à l’époque, mais il semble clair que les locaux organisaient une grande fête avec beaucoup de nourriture et de boisson. Autrefois les Islandais avaient l’habitude d’utiliser du sel, de la fumée, et d’enterrer ou de laisser fermenter leur nourriture pour le stockage, ce qui est devenu un repas traditionnel. Aujourd’hui, les Islandais respectent les mêmes coutumes en mangeant des aliments «traditionnels». En Islande, c’est une démonstration de force que d’être capable de finir son assiette Thorri. Qui s’y colle ?

Irlande

Wren Day (Jour de Wren)

Voici une véritable tradition irlandaise ! Célébrée le 26 décembre, le Jour de Wren est une tradition consistant en la “chasse” d’un faux Wren (un petit oiseau, un roitelet), avant de le mettre en haut d’un poteau décoré. Puis la foule de garçons de paille célèbre le Wren en se déguisant en masques, costumes de paille et des vêtements colorés et hétéroclite, accompagnés par des groupes qui défilent dans les villes et villages au son de la musique ceilí traditionnelle. Ces foules sont parfois appelées « wrenboys ». On suppose que la célébration du Wren vient de la mythologie celtique. La tradition peut aussi avoir été influencée par les colons scandinaves lors des invasions vikings du VIIIe au Xe siècles. Il existe diverses légendes, comme celle qui raconte la trahison par un Wren de soldats irlandais qui ont combattu les envahisseurs vikings en battant des ailes sur leurs boucliers, à la fin du Ier et au début du IIe millénaire.

Royaume Uni

Caber Toss (Lancer de Troncs)

En Ecosse, il est possible de rencontrer des écossais s’exerçant au lancer de troncs! C’est normal: le lancer de troncs d’arbre est un événement sportif écossais traditionnel dans lequel les concurrents lancent un grand pôle conique appelé un “toss” au cours des célèbres jeux des Highland. L’objectif principal est de jeter le tronc d’arbre d’une certaine façon afin qu’il se retourne, loin devant le lanceur. Idéalement, il devrait tomber directement loin du lanceur dans la position “12 heures”. Lors du lancer, la distance n’a pas d’importance. On dit de ce sport qu’il date de plusieurs siècles et qu’il était à l’origine conçu pour se défendre en temps de guerre ou pour la construction de ponts.

Norvège

Russefeiring (Célébration Russe)

Durant leur dernier semestre de printemps, les lycéens norvégiens célèbrent traditionnellement le Russefeiring. Le Russefeiring commence normalement le 1er mai et se termine le 17 mai, la fête nationale norvégienne. Les participants portent des combinaisons de couleur, souvent rouge, conduisent des voitures, des fourgonnettes et des autobus de même couleur, et font la fête presque continuellement au cours de cette période. La célébration est souvent marquée par l’ivresse et des troubles à l’ordre public qui posent de sérieux problème à la police… La version moderne du russefeiring norvégien remonte à 1905, lorsque des insignes rouges (russelue) ont été introduites pour les célébrations de fin d’études comme un signe de passage au système de l’enseignement supérieur. Lors de ce mois de fête, il est de coutume de nommer un russpresident, un coordinateur du parti, un rédacteur en chef, des journalistes, et même une personne responsable de la contraception…

Suède

Små Grodorna (La danse des Grenouilles)

En Suède, au cours des fêtes du solstice d’été, les Suédois se réunissent autour d’un mât décoré de rubans, laissent tout tomber et commencent à chanter et à danser autour du pôle sur une chanson intitulée “Les Petites Grenouilles”. Durant cette danse, ils imitent des grenouilles et croassent allègrement. La chanson dit notamment : “Les petites grenouilles, les petites grenouilles, sont drôles à regarder. Pas de queue, pas de queue, elles n’ont pas de queue. Pas d’oreilles, pas d’oreilles, elles n’ont pas les oreilles”. La mélodie viendrait d’un marche militaire de la révolution française intitulée “La Chanson de l’Oignon” qui disait à l’époque : “Au pas, camarade, au pas camarade / au pas, au pas, au pas!” Les ennemis des Français à l’époque, les Britanniques, ont changé les paroles avec une certaine ironie condescendante pour “Au pas, les Grenouilles!”. On ne sait pas encore comment cette mélodie a atterrie en Suède, mais il est certain que la version suédoise est clairement inspirée de la version anglaise.

Finlande

Eukonkanto (Porter de femmes)

Eh bien ! Il semble que les Finlandais ont des traditions très étranges, y compris le concours annuel de porter de femmes. Croyez-le ou pas, le porter de femmes est un sport dans lequel les concurrents masculins se lancent dans une course tout en portant sur le dos leur coéquipière féminine. L’objectif est pour l’homme de porter le plus rapidement possible leur partenaire à travers un parcours d’obstacle particulièrement tordu ! Il y a beaucoup d’idées sur la façon dont ce sport est apparu en Finlande. La légende raconte qu’un homme nommé Herkko Rosvo-Ronkainen, considéré comme un voleur dans la fin des années 1800, rodait dans une forêt avec sa bande de voleurs, attaquant et détruisant des villages aux alentours. Rosvo-Ronkainen et ses voleurs ont été accusés de voler la nourriture et les femmes des villages de la région où ils vécurent, en les emportant sur leur dos alors qu’ils s’enfuyaient, (d’où la course du porter de femmes).

Danemark

Nøgenløbet Roskilde (Course nudiste de Roskilde)

Chaque année depuis 1999, le samedi du festival de Roskilde, les organisateurs lancent une course nudiste autour du camping. Le couple gagnant reçoit un ticket pour le festival de l’année prochaine. Au cours des dernières années, la course nudiste est devenue si populaire que le Festival a été obligé d’organiser des pré-qualifications pour les participants hommes. Il existe aussi une course nudiste à Padasjoki, la Finlande, à la mi-Juin, mais le course de deux kilomètres attire plutôt une foule de retraités ; à Roskilde ce sont surtout des fan d’heavy-metal et d’électro-pop : imaginez donc une course de scandinaves aux corps élancés et sexy !

Pays-Bas

Nieuwjaarsduik (Plongeon de l’Ours Polaire)

À Scheveningen, la principale station balnéaire des Pays-Bas, a lieu tous les ans, le festival de la natation hivernale connu sous le nom de Nieuwjaarsduik (Plongeon de l’Ours Polaire). Le premier jour, environ 10 mille personnes viennent à la plage pour nager dans la mer froide. Dans 89 emplacements sur les plages et dans les lacs dans tout le pays, chaque année, environ 30.000 personnes participent à ce “Nieuwjaarsduik”, avec un record de 36 000 participants le 1er janvier 2012. Depuis 1998 Unox, une marque de produits alimentaires du groupe Unilever souvent associé à l’hiver, sponsorise le Nieuwjaarsduik et depuis il est de tradition de porter des gants et maillots de la marque Unox.

Belgique

Régate de baignoires à Dinant

Chaque année, le 15 août, la ville de Dinant accueille la Régate de Baignoires. La régate attire plus de 25 000 visiteurs qui regardent cette procession de bateaux de course étranges sur la rivière Meuse. En 1982, Alberto Serpagli, un chef célèbre de la ville avec une moustache belge tout aussi célèbre, est allé à Namur et a entendu à la radio l’histoire d’un Français qui avait navigué le long de la Meuse dans une baignoire! Cette histoire l’a inspiré à faire pression sur la mairie de Dinant pour la création d’une fête de Régate de baignoires. Déterminé à ce que son projet aboutisse et malgré les moqueries, Serpagli a trouvé 40 baignoires dans des décharges. Après avoir trouvé un moyen de les motoriser, Serpagli les a vendu au marché en expliquant son idée et les belges, évidemment, ont tout de suite accroché! Depuis, en juin et juillet, les différents participants confectionnent leurs bateaux dans le plus grand secret. Puis, le 15 août, les bateaux sont dévoilés au cours de la régate qui rencontre toujours un énorme succès !

Luxembourg

Iechternacher Sprangprëssessioun (Procession dansante d’Echternach)

La procession dansante d’Echternach est un vieux rituel religieux de plusieurs siècles qui a lieu dans le village de Echternach, près de la frontière allemande. Les danseurs se tiennent par des mouchoirs et effectuent une procession dansante dans les rues. Jusqu’à 14.000 hommes, femmes et enfants vêtus de chemises blanches et de pantalons ou jupes noirs prennent part à l’événement, qui est lié à la vénération d’un saint local, saint Willibrord. Des documents du XVème siècle parlent de cet événement comme une coutume établie de longue date à ce moment-là, et d’une procession semblable, qui avait lieu dans la petite ville de Prüm, dans l’Eifel, aurait déjà eu lieu dès 1342. La procession d’Echternach a été inscrite en 2010 sur la Liste UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Allemagne

Männertag (Men’s day) 

Männertag ou Herrentag, le jour des hommes ou des messieurs, est une tradition pour les groupes d’hommes (jeunes et vieux, mais à l’exclusion généralement des garçons pré-adolescents) où il s’agit de faire une randonnée avec un ou plusieurs petits wagons, Bollerwagen, tirés jusque dans les montagnes proches. Les hommes placent dans les wagons du vin ou de la bière (selon les régions) et un repas régional traditionnel, Hausmannskost. En fait, beaucoup d’hommes utilisent cette fête comme une occasion de se saouler. Ces traditions sont probablement enracinées dans les processions célébrées depuis le XVIIIème siècle des chrétiens vers les pâturages. A leur retour, les hommes s’assoient dans un panier en bois et arrivent sur la place du village, où le maire attribue un prix au père qui a le plus d’enfants. Le prix ? Généralement un bon gros jambon !

Autriche

Maibaum (Arbre de mai)

En Allemagne et en Autriche, l’arbre de mai est une tradition qui remonte au XVIe siècle. C’est un arbre ou un tronc d’arbre décorée qui est généralement érigé soit le 1er mai ou le jour d’avant. Une partie de la tradition est le rituel amusant de voler le tronc du village le plus proche au cours de la nuit du 30 avril-1er mai. Les rivaux tentent de voler le Maibaum dans la mesure où il est raisonnablement portable, en dépit du fait que la plupart sont spécifiquement gardé cette nuit-là. Il existe des règles locales : les gardes peuvent être séquestrés ou amenés loin de l’arbre, les gardes n’ont pas le droit de poser leur main sur l’arbre de mai toute la nuit… Une fois que le mât est volé, il peut être rendu en échange de quelque chose, généralement un alcool fort ou un schnaps… bien sûr!

Suisse

Eis-zwei-Geissebei (Lancer de Saucisses)

La tradition étrange de lancer de saucisses remonte à plusieurs siècles: chaque année, au jour de Mardi Gras à 15h15, des centaines d’enfants et d’adultes se rassemblent devant l’hôtel de ville de Rapperswil. En réponse à la question du maire, “est-ce que tous mes garçons sont là ?” (“Sind alli mini-Buebe doo ?”), les enfants répondent “Un, deux, jambe de chèvre!”. A ce moment, le maire, assisté de son conseil municipal, ouvrent les fenêtres de la mairie et jettent des saucisses, petits pains et pâtisseries sur la foule ! Sans blague ! L’origine de cette tradition loufoque peut venir du siège et de la destruction de la ville de Rapperswil lors de la Saint Matthieu en 1350 par Rudolf Brun, premier maire de la ville de Zürich. A cette époque, les citoyens compatissants servirent de la nourriture aux enfants affamés à travers les fenêtres de leurs maisons, ce qui rappelle la pratique actuelle.

Italie

Partita Scacchi Di Marostica (Jeu d’Echecs Vivant)

Marostica est une petite ville située au nord-est de Vicence. Elle est célèbre dans le monde entier pour son jeu d’échecs humain qui se tient tous les deux ans, avec des pièces d’échecs vivantes, sur la place publique de la ville. Plutôt que d’appeler à un duel d’épée pour gagner la main de sa fille, Linora, le noble Taddeo Parisio avait décrété que les deux prétendants devaient plutôt jouer à une partie d’échecs. Après quelques heures de divertissement cinglant, le gagnant ramènerait sa fille aînée à la maison et le perdant sa plus jeune, Oldrada. Comme il s’agit de l’Italie, ce match de 1454 est devenu plus grand et plus ostentatoire avec le temps, avec des pièces d’échecs vivantes reproduisant le jeu sur la même place à l’extérieur du château de l’époque.

République tchèque - Slovaquie

Pomlázka (Chasse aux filles)

Le lundi de Pâques dans les villes et villages de tout le pays, les garçons et les hommes s’arment avec un pomlázka (sorte de bâton décoré) et rejoignent leurs amis et parents pour rendre visite au plus grand nombre de maisons dans leur région. Les filles restent à la maison, et quand les visiteurs arrivent, elles sont heureuses de se pencher et d’être ‘fouetté’ avec ce bâton de Pâques. Tellement heureuses, en fait, qu’elles récompensent leurs visiteurs avec une boisson forte que le groupe descend rapidement avant de passer à la maison suivante. Selon la superstition, si une femme est battue par une pomlázka, elle restera à la fois belle et fertile pour l’année à venir, ce qui explique pourquoi les femmes souhaitent que le groupe leur rende visite. Certains, bien sûr, transforme ce rituel en un jeu de chasse-poursuite dans le jardin.

Pologne

Szopka (Spectacle de crèches)

En Pologne, le premier jeudi de décembre, les maîtres en crèches de tout le pays et d’autres régions du monde viennent présenter leur Szopki au musée de l’histoire du Palais Krzysztofory. Les modèles gagnants sont placés sur l’affiche tout au long de la saison de Noël. Le szopka est un art folklorique polonais traditionnel qui vient du Moyen-Age. La tradition est riche et colorée, et a évolué au cours des âges. Les Szopki représentent la Nativité à l’intérieur de la cathédrale de Wawel (qui est une partie du château de Wawel à Cracovie). Certains des modèles font à peine quelques centimètres tandis que d’autres font plusieurs mètres.

Lituanie

Siaudu Sodas (Village de paille)

Dans le village lituanien de Naujamiestis, quand l’hiver arrive, les habitants construisent un véritable village de paille avant de le brûler dans un rituel qui attire des milliers de locaux, nostalgiques des vieilles traditions. Les employés du centre culturel passent le mois de septembre entier à créer les sculptures, avec quelque huit tonnes de paille et près de 10 kilomètres de corde donnée par un agriculteur local. La paille a une longue histoire en Lituanie, où les Lituaniens l’utilisent pour tisser des paniers de fruits et autres objets pour la maison, tandis que les enfants font des anges en paille pour l’arbre de Noël. Le premier thème du village de paille, en 2006, était le comte Cicinskas, un personnage du folklore local connu pour sa dépravation, alors qu’une autre année, les sculptures étaient toutes des instruments de musique. En 2013, le thème était le marché d’un agriculteur avec 40 sculptures monumentales représentant des poulets, une oie, une carpe, un grand porc assez grand pour que les enfants puissent monter dessus, un four à pain, et même une taverne où les visiteurs pouvaient acheter de la nourriture durant la journée d’ouverture. Chouette tradition non ?

Lettonie

Ligo (Solstice d’été)

La plus importante fête nationale de la Lettonie n’est sans doute pas Noël, mais plutôt les célébrations du solstice d’été de Ligo – une tradition païenne où les Lettons célèbrent la nuit la plus courte en restant debout pour saluer le soleil levant. Comme le soleil disparaît pendant seulement environ une heure et demi avant minuit, les femmes cueillent des fleurs pour faire des couronnes pour les têtes, tandis que les hommes se déshabillent et sautent dans un lac ou une rivière à proximité. Tout le monde chante des chansons lettones médiévales autour du feu et les couples sont encouragés à disparaître dans la forêt pour chercher la floraison d’une fougère mythique. Mouais…

Estonie

Laulupidu (Festival estonien de la chanson)

En Estonie, tous les 5 ans, on peut entendre 18 000 voix chanter à la fois lors du festival de la chanson estonienne, qui a lieu à Tallinn. Le nombre de participants au Festival de la chanson peut atteindre jusqu’à 25 à 30.000 personnes. Le moment le plus important arrive lorsque toutes les chorales se réunissent sur scène, rassemblant près de 18 000 chanteurs sur scène, où leur chant émeut même les plus introvertis des nordiques. La tradition du festival de la chanson est concomitante avec le réveil national estonien. Le premier festival de la chanson nationale a eu lieu à Tartu à l’été 1869. A partir de 1947, les autorités soviétiques ont forcé les Estoniens à intégrer des chansons étrangères dans le répertoire.

Biélorussie

Купалле (La Nuit Koupala)

Durant la nuit de Koupala du 23 au 24 juin, les jeunes en Biélorussie et en Ukraine sautent par-dessus des feux de joie pour tester leur courage et leur foi. Si un couple qui s’élance au dessus des flemmes échoue, c’est signe que leur relation est vouée à l’échec ! Les filles peuvent lancer sur les flots d’une rivière des couronnes de fleurs (souvent éclairées par des bougies). En fonction des motifs et de la trajectoire dessinée par les fleurs, elles tentent de prévoir leur avenir sentimental. Les hommes, de leur côté, peuvent tenter de capturer des couronnes, dans l’espoir de susciter l’intérêt de sa propriétaire. Le jour de Koupala, les enfants participent à des batailles d’eau et font des blagues, la plupart impliquant de verser de l’eau sur quelqu’un. L’eau a un rôle important durant cette journée de rites, car, dans les croyances religieuses slaves, elle est symbole de fertilité et de purification.

Ukraine

Malanka (Veillée du deuxième Nouvel An)

De manière assez drôle, les Ukrainiens ont deux Nouvel An ! Le premier suit le calendrier grégorien et tombe le 1er janvier, tandis que le second suit le calendrier julien et tombe le 14 janvier. Pour le deuxième réveillon du Nouvel An, les Ukrainiens suivent davantage leurs (étranges) coutumes ancestrales, et organisent les célébrations du « Malanka » au cours de ce qu’ils appellent leur « Vieux Nouvel An ». Durant cette nuit, une foule de jeunes gens marchent autour des maisons, chantent, font des tours et jouent des petites pièces de théâtre de Noël. Un étudiant s’habille en femme et mène la troupe selon la bonne vieille tradition de « grand-mère Malanka ». Il est également possible de s’essayer aux rôles plus masculins de la Chèvre ou du grand-père. Au fonds, le réveillon du Vieux Nouvel An est une des dernières chances en Ukraine de s’amuser et d’avoir du plaisir, avant les 40 jours de carême qui suivent.

Roumanie

Plivanje za Casni krst (Course de la Croix sur le Danube)

En Roumanie, on retrouve une tradition des plus étranges d’Europe, où un prêtre orthodoxe jette une croix dans une rivière glacée et où une centaine de personnes plongent dans l’eau pour la rattraper. Cette tradition est célébrée sur le Danube tout au long de la partie roumaine et serbe et est soutenu par l’Église orthodoxe comme une commémoration du baptême de Jésus dans le Jourdain. Il semble que les Roumains considèrent que c’est un peu la même chose que de jeter une croix dans le Danube gelé et baptiser quelqu’un dans une rivière au milieu d’une zone désertique. C’est certainement la vodka, faite maison, ingurgitée par les participants avant la compétition, qui explique cette drôle de réécriture de l’histoire. La meilleure partie de cette tradition est le prix: celui qui attrape la croix en premier et la ramène sur le rivage a la garantie d’avoir de la chance pour l’année. Peut-être la chance pour lui de guérir de sa probable hypothermie…

Moldavie

Ursul (Danse de l’Ours)

Danse bien, toi le vieil ours, que je te donne du pain et des olives“. En Roumanie et Moldavie, il existe un chant de Noël qui implique que ses chanteurs soient déguisés en ours. Dans le passé, un vrai ours était utilisé pour la danse. La tradition, appelée Ursul (la danse de l’Ours), est traditionnellement observée en Bucovine et en Moldavie durant la Saint-Sylvestre. La tradition a pour but de purifier et fertiliser le sol pour l’année suivante. Le culte de l’ours est d’origine Gèto-Daces; à l’époque, l’ours était un animal sacré. Les personnes portant le costume d’ours sont accompagnées de violons et suivies par toute une procession de personnages, parmi lesquels des enfants habillés en petit d’ours.

Hongrie

Vizbeveto (Arrosage du Lundi de Pacques)

De manière tout à fait étrange et peut-être un peu misogyne, le lundi de Pâques, les jeunes ouvriers agricoles hongrois sont autorisés à jeter un seau d’eau froide sur les filles en âge de se marier; et même de les plonger dans un ruisseau. Les filles crient et résistent, mais sont secrètement ravies (enfin, c’est ce qu’en disent les hommes). De nos jours, l’eau a été remplacée par de l’eau de Cologne (et on ne sait pas si c’est mieux) et quelques éclaboussures, suffisent plutôt qu’un seau d’eau entier (on dit merci l’évolution des traditions !). Le rituel implique maintenant des femmes de tous âges, mariés ou non, où il s’agit moins d’une parade de séduction qu’un jeu avec ses amis, qu’il s’agisse d’amies, de voisines ou de collègues de travail. La journée a encore une signification particulière pour les femmes et les jeunes filles non mariées. Elles portent de jolis vêtements et attendent l’arrivée inopinée de leurs admirateurs. Les filles attendent avec une certaine fierté leur nombreux visiteurs et “arroseurs”. Après que les garçons ont effectué leur bévue, elles peuvent même – reconnaissantes- leur offrir gentiment des œufs peints, des biscuits faits maison ou une boisson alcoolisée. Ils sont alors libres de passer aux filles suivantes. Ben voyons ! Misogyne, on disait !

Slovénie

Kravji Bal (Défilé de vaches)

La saison d’été dans la région alpine de la Slovénie se termine officiellement à la mi-septembre avec l’un des festivals les plus uniques du pays: le Bal annuel Kravji, ou le défilé de vaches traditionnel. Organisé à Bohinj depuis 1954, l’événement célèbre le retour de bergers locaux et leurs troupeaux dans la vallée après un été de pâturage en haut dans les Alpes juliennes. Les vaches sont décorées avec des fleurs et des cloches pour en faire une occasion de fête, la foule, souvent en costume traditionnel slovène, se rassemble pour regarder les vaches faire leur chemin vers le bas de la montagne. Ensuite, tout le monde fait la fête avec de la musique, de la danse, de la nourriture et des boissons traditionnelles.

Croatie

Sinjska Alka (Tournoi de Chevalerie)

Le Sinjska Alka est un tournoi de chevalerie qui a lieu depuis environ 300 ans à Sinj en Dalmatie. Il se tient le premier dimanche d’août. Les chevaliers montent à cheval à plein galop et visent leurs lances sur une cible de fer composée de deux anneaux concentriques. Seuls les hommes nés en Sinjska Krajina (ville de Sinj et les villages environnants) peuvent prendre part à l’Alka et il est considéré comme un grand privilège de participer au tournoi. Le gagnant devient le voïvode (“Duc”) de Alka, un titre cérémonial représentant le commandant des alkars. C’est un grand honneur de devenir le voïvode de alkar, et seuls les hommes les plus remarquables de Sinjska Krajina peuvent le devenir. Le tournoi a été créé au début du XVIIIe siècle pour commémorer la victoire des chevaliers de Sinj sur l’armée turque beaucoup plus puissante qui a assiégé la ville en 1715…

Bosnie-Herzégovine

Plongée du Pont Stari Most

La plongée du Pont Stari Most est une compétition annuelle traditionnelle organisée chaque année en plein été (fin juillet). 477 participants l’ont essayé jusqu’à 2013. C’est une tradition pour les jeunes hommes de la ville de sauter du pont dans la Neretva. Le pont est terriblement élevé à 22m. Comme la Neretva est très froide, c’est un exploit très risqué que seuls les plongeurs les plus compétents et les mieux formés tentent. La pratique remonte à l’époque où le pont a été construit, mais le premier cas connu d’une personne plongeant du pont date de 1664. En 1968, la compétition de plongeons a été formellement instaurée et a lieu chaque été.

Serbie

Poklade (Serbian Carnival)

Les mois de janvier et février sont les temps de carnaval dans tout le pays. Des danseurs portent des masques fantastiques, parfois près de deux mètres de haut, décorés avec des ailes d’oiseaux et de plumes, des têtes d’animaux, ainsi que des miroirs et des banderoles colorées. Couvert de peaux de moutons et armés de longues épées et des bâtons en bois, ils sautent et sautent au son assourdissant des tambours et des cloches de bétail sur leurs ceintures. Dans certaines régions, les hommes noircissent leur visage et portent des collants pour effectuer ces danses de carnaval qui sont censés effrayer les mauvais démons de l’hiver et assurer ainsi la santé de leur famille et de bonnes récoltes.

Macédoine

Vasilij (Parade de boue)

Dans la ville de Vevchani, située à 180 km sud-ouest de la capitale Skopje, se tient le 13 janvier de chaque année un carnaval qui met en scène une troupe couverte de boue. Le carnaval de Vevchani est vieux de 1400 ans et a lieu chaque année à la veille de la fête de Saint-Basile (14 janvier), qui marque aussi le début de la nouvelle année selon le calendrier julien, observé par l’Église orthodoxe macédonienne. Les fêtards couverts de boue symbolisent les pauvres et délaissés. Les maques des participants du carnaval Vevcani remettent en cause certaines questions bibliques et sont une véritable satire politique.

Albanie

Korçës Karnavale (Carnaval de Korça)

ucun carnaval en Albanie n’est aussi intensément célébré qu’à Korça et cet événement estival qui comprend un défilé de groupes locaux et internationaux attire des milliers de visiteurs. Le Carnaval est destiné à faire revivre les coutumes de longue durée de la ville, à cultiver de nouvelles valeurs et à préserver les anciennes. L’événement est tout entier célébré dans la musique, la couleur et le folklore. Il représente une partie essentielle de la culture albanaise et cultive les valeurs d’un folklore spécifique, celui des traditions de voie orale, du burlesque, de l’humour et de la musique. Le festival pousse aussi les participants à créer de nouvelles valeurs.

Bulgarie

Кукери (Kukeri)

Cette tradition est vraiment exotique! Kukeri est un rituel traditionnel bulgare où des hommes se déguisent pour faire fuir les mauvais esprits. Sous un ciel assombri par les nuages épais, ils défilent dans les rues déguisant en immenses bêtes à poils, sonnant avec des cloches géantes. Ils entrent dans les maisons des villageois – par la force, s’il le faut. Leurs visages sont un mélange terrifiant de mâchoires, de cornes torsadées, et de grands yeux fixes. Les kukeri visitent traditionnellement les maisons des gens la nuit, afin que “le soleil ne les attrapent pas sur la route.” Après le tour du village, ils se réunissent sur la place du village pour danser sauvagement et amuser les gens. Le rituel varie selon les régions, mais son essence reste en grande partie la même.

Grèce

Rouketopolemos (Bataille de Rockets)

Sur l’île grecque de Chios, il y a une petite ville appelée Vrontados. Dans cette ville, Deux églises -Agios Markos et Panagia Erithiani- se font face l’une l’autre à travers un ravin. A Pâques, les membres rivaux des deux quartiers tentent de faire sonner la cloche de l’église en face … avec des roquettes. Les fusées sont des bâtons de bois chargés avec un mélange contenant de la poudre explosive et sont lancées à partir de plates-formes artisanales. Chaque coup direct sur le clocher d’en face rapporte des points qui seront comptabilisés le lendemain pour déterminer le gagnant. Mais, inévitablement, chaque paroisse revendique toujours la victoire sur l’autre. Suite à ce désaccord apparent, les deux paroisses conviennent de régler le score l’année prochaine, et la rivalité est ainsi perpétuée. L’origine de cet événement n’est pas claire, mais la tradition locale veut que cela remonte à l’époque ottomane.

Turquie

Deve güreşi (Lutte de Chameaux)

La Turquie a une tradition plutôt cruelle qui remonte à des milliers d’années : la lutte de chameaux. Ce n’est pas ce que vous pourriez d’abord penser. Des Turcs ne s’engagent pas avec des chameaux dans une épreuve de force. Au contraire, les animaux sont montés les uns contre les autres au cours de leur période de reproduction pour voir celui qui dominera. Le perdant de la lutte est le premier chameau qui fuit, tombe ou crie. La lutte de chameaux se passe tout au long de l’année, mais il n’y a qu’un seul Championnat. Cet événement a lieu le troisième dimanche de janvier, à Selcuk, au moment de la saison d’accouplement des chameaux. Apparemment, les chameaux ont leur propre style de combat, où ils poussent, utilisent leur bouche pour maintenir ou déstabiliser leur adversaire, voire même le faire tomber.

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