Belgique – Des Hauts et des Bas

L’été avait été très chaud. Pas une goutte de pluie n’était tombée depuis de nombreuses semaines, et la vallée où vivaient les animaux était en proie à une grande sécheresse. Les ruisseaux s’étaient asséchés et les sources avaient cessé de couler. Le renard prit sa pipe et sortit pour marcher sous les tilleuls pour réfléchir. Là, il rencontra la chèvre.

“Bonjour”, dit-il.

Elle répondit : “Hélas! Je ne sais pas ce que nous devons faire pour obtenir de l’eau. Nous avons bu toute l’eau que nous avions dans le baril, et à moins que nous puissions en trouver un peu rapidement, mes enfants et moi mourront de soif !”

Le renard dit: “Et moi, je suis tellement sec que ma langue colle à mon palais dans ma bouche. Je ne peux même pas fumer ma pipe avec plaisir. Que dites-vous d’aller chercher de l’eau ensemble ? Quatre yeux valent mieux que deux, n’importe quel jour de la semaine.

“D’accord”, déclare la chèvre, et ils partirent ensemble. Ils regardèrent partout pendant longtemps, sans pouvoir trouver une trace d’eau…

Tout d’un coup, la chèvre eut un cri de joie. En courant vers elle, le renard vit qu’elle avait trouvé un puits et se tenait debout en son haut, regardant l’eau froide en-dessous.

“Hourra!” s’écria le renard.

La chèvre répondit: “L’eau est bien loi en-bas. Comment allons-nous y arriver ?

“Laisse moi faire”, dit le renard. “Je m’y connais au sujet des puits. Ce que vous devez faire, c’est entrer dans le seau qui est suspendu par la corde et glisser doucement et en toute sécurité. J’y vais d’abord, pour vous montrer la voie. ”

Alors le renard entra dans le seau, et le poids de celui-ci le fit descendre tandis que le seau vide à l’autre extrémité de la corde remontait au sommet du puits. Une minute plus tard, il était au fond, se penchait sur le coté du seau et s’abreuvait allègrement d’eau. Rien n’avait jamais été aussi délicieux. Il buvait et buvait jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le supporter.

“Est-ce bon?” d’écria la chèvre d’en haut, dansant d’impatience.

“C’est comme le plus pur des nectars !” répondit le renard. “Entrez dans le seau rapidement et rejoignez-moi.”

Alors la chèvre entra dans le seau, qui, du fait de son poids, commença tout de suite à la faire descendre, tandis que le seau avec le renard s’élevait vers la surface. Les deux se rencontrèrent à mi-chemin.

“Quand est-il ?” demanda la chèvre surprise. “Je pensais que vous alliez m’attendre!”

“Ah,” répondit le renard avec un sourire, “qu’est-ce que je m’en fiche ! Certains montent et d’autres descendent. J’espère que vous apprécierez votre boisson, au revoir!

Et dès qu’il atteignit le sommet, il sauta du seau et s’enfuit.

La pauvre chèvre dût rester là au fond du puits jusqu’à ce que le fermier vienne la trouver, à moitié morte de froid. Et quand, enfin, elle était sauvée, le fermier la mit dans l’enclos avec ses propres moutons et chèvres. Elle ne pourrait plus rentrer chez elle voir ses enfants.

 

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